Biographie (FR)

(c) Juan Carlos Caceres

Crédit Juan Carlos Caceres

« Une virtuose de haut calibre et une poétesse moderne du piano » Hannu-Ilari Lampila

« Se escucha un fondo volcánico, un magma que como te despistes sale en erupción . En su rico pianismo se oyen las buenas influencias de Arrau, Argerich, y de su antiguo profesor Helffer, muy integradas en su manera personal de tocar » Albert Bover

 

Pianiste engagée pour le respect des Droits de l’Homme, le travail de Maria-Paz Santibanez s’articule autour du concept de « mémoire et avenir ». Ce fil rouge ne donne pas de place à l’oubli. Il s’agit de chercher un avenir qui puise dans les outils du présent pour s’ouvrir aux nouveaux défis. En concert, elle réunit ainsi les œuvres du passé et du présent et invite les compositeurs à concevoir de nouveaux projets. Au-delà des salles de concert, forte de son savoir-faire en gestion culturelle, elle s’engage dans de nombreux projets multidisciplinaires. Aujourd’hui, elle est une artiste active et reconnue dans l’ensemble du milieu de la création.

Son histoire avec la musique et le piano commence vers ses quatre ans, au Chili. En 1987, elle a un agenda de concerts bien remplie, ceci peu avant la fin de ses études de concertiste. En même temps, elle milite activement pour le retour de la démocratie. Alors qu’elle manifeste pacifiquement, un policier lui tire une balle dans la tête, à bout portant. Ayant survécu miraculeusement, elle décide de ne pas donner raison à la culture de mort mais de se battre pour la vie, l’art, et la liberté. Sa fougue, sa rigueur, et son exigence teintées de passion lui permettent peu à peu de reconstruire sa vie et reprendre ses études pour entamer, enfin, une carrière de concertiste et d’enseignante internationalement reconnue et primée.

Son père musical, et premier maître, Galvarino Mendoza, a été disciple de Claudio Arrau à New York. En France, Maria-Paz intègre la classe d’Odile Delangle en 1999. Pianiste fine et exigeante, elle l’a également poussée à travailler avec d’autres musiciens. C’est ainsi que Maria-Paz s’ouvre et suit des cours auprès d’Yvonne Loriod-Messiaen, Roger Muraro, Jean François Antonioli, Bruce Brubaker et d’autres grands pianistes. En 2001, sa rencontre avec Claude Helffer (1922 – 2004) marque profondément sa carrière, ses recherches, et ses choix artistiques. Lors de la présentation de Piano-piano, premier disque de la pianiste, son maître s’exprime ainsi : « j’aime la pianiste pour son sens du rythme, par sa vaillance et sa musicalité ».

Ses enregistrements lui valent de nombreuses récompenses telles que la « Clef Resmusica » et « 4 diapasons » pour les Etudes d’interprétation de Maurice Ohana, « Disque de l’été » de Piano Bleu pour La caja mágica (répertoire latino-américain des débuts du 20e siècle aux contemporains), ou encore « 5 étoiles » de Melómano, en Espagne, pour Echos et Résonances (Claude Debussy et Miguel Farias). En 2013, elle reçoit la récompense « Victor Jara » de l’Association de producteurs et agents musicaux de l’état de Sao Paulo du Brésil (APACESP).

Sa passion pour la recherche et l’enseignement profite aux nombreux participants qui suivent ses master classes partout dans le monde et à ses élèves au conservatoire parisien où elle enseigne. Elle se produit régulièrement en récital ou avec orchestre dans les plus prestigieuses salles et centres culturels d’Europe, d’Amérique du Nord, et d’Amérique Latine.

Michelle Bachelet, Présidente du Chili, la nomme Attachée Culturelle auprès de l’Ambassade du Chili en France en 2014. Elle occupera ce poste jusqu’en 2018, année de la fin du mandat présidentiel chilien. Son travail au cours de ses quatre ans a été largement reconnu. Sans mettre de côté son activité de concertiste, Maria-Paz a créé de nouveaux canaux de communication pour les événements culturels chiliens en France et travaillé avec des lieux emblématiques tels que le Musée de l’Homme, le Grand Palais, la Cinémathèque Française, le Quartz de Brest, les festivals de ciné de Biarritz o Toulouse, ou la Salle Cortot parmi d’autres. Elle a également négocié et mis en place de nouveaux protocoles d’échanges internationaux soutenant le rayonnement de la culture chilienne.

Fin 2019, elle co-fonde l’association multidisciplinaire Impact Chili, Arts en résistance. Cette initiative accompagne le réveil des Chiliens du 18 octobre 2019. Elle a pour but de soutenir la sortie de l’héritage sombre légué par la dictature civique-militaire qui a suivi le renversement de Salvador Allende en 1973.