Biographie (FR)

Formée à la faculté des Arts de l’Université du Chili par le pianiste Galvarino Mendoza (1928 – 2009), son père musical, la pianiste Maria-Paz Santibanez a failli perdre la vie en 1987, pendant la dictature de Pinochet. N’ayant d’autre choix que de quitter le pays, elle s’installe en 1988 à Prague, où elle reprendra sa formation, pour revenir au Chili en 1991. Son diplôme de pianiste obtenu, en 1999 elle s’installe à Paris pour suivre un programme de perfectionnement. En 2001, elle obtient son diplôme de l’Ecole Normale de Musique de Paris Alfred Cortot. En France, aux Etats-Unis, et en Suisse, elle suivra les cours d’Yvonne Loriod Messiaen, Roger Muraro, Odile Delangle, Françoise Thinat, Jean François Antoniolli, Bruce Brubaker, ou Claude Helffer, parmi d’autres.

Sa rencontre avec Claude Helffer (1922 – 2004), pianiste français au cœur de la création et des événements historiques contemporains, a profondément marqué sa carrière musicale et lui a donné l’impulsion nécessaire pour affiner le concept de « mémoire et futur », fil rouge de son travail. Lors du décès d’Helffer, Maria-Paz se charge de la sauvegarde des Cahiers d’analyse – inédits – transcrivant également une partie des cahiers intimes de cet ancien résistant français, extraordinaire pédagogue, chercheur, et pianiste.

Maria-Paz se produit régulièrement lors de récitals et de concerts, seule ou accompagnée d’orchestres, dans les plus prestigieuses salles et centres culturels du monde : Lima, Montevideo, Buenos Aires, Mexico, La Havane, Helsinki, Amsterdam, Oslo, Stockholm, Berne, New York, Tallin, Manchester, Londres, Berlin, Athènes, Moscou, France, et Chili parcourant avec passion le long territoire de son pays natal.

Son vif intérêt pour la musique nouvelle l’amène à créer des œuvres de compositeurs contemporains dans chaque pays visité, à la lumière de répertoires du passé. Consciente de l’importance de la transmission et de l’enseignement, Maria-Paz offre régulièrement des master classes en marge de ses concerts (Mexico, Cuba, Chili, ou Finlande, parmi d’autres).

Son premier disque, Piano-Piano (2003), était dédié à Cirilo Vila, Prix National des Arts au Chili en 2004, personnage ayant marqué de nombreuses générations pour son travail dans les « catacombes » de la dictature chilienne après le coup de 1973. Vila a marqué cette période en se mettant au service de la création, de la formation de compositeurs et musiciens, tout en étant un fervent résistant. Le disque rassemble Vila et ses contemporains avec 4 de ses élèves, désormais compositeurs consacrés.

Son disque des Études d’interprétation de Maurice Ohana (2010) a été très bien accueilli par la critique et lui a valu les récompenses « Clef Resmusica » et « 4 diapasons ».

En 2013, elle sort son troisième disque, La Caja Mágica, ode à la mémoire, au futur, et aux compositeurs du cône Sud d’Amérique Latine des années 1920 à nos jours. Cet album, naturellement conçu 40 ans après le coup d’Etat chilien, a lui aussi été salué par la critique et a reçu la distinction « disque de l’été » du site pianobleu, dédié aux amoureux de la musique.

Son dernier disque, Echos et Résonnances, réunit Claude Debussy et la nouvelle génération, représentée par le compositeur chilien Miguel Farias. L’album a reçu le soutien de la SACEM en France, distinguant la reconnaissance de la critique française à l’égard de Maria-Paz pour ses interprétations de Debussy ainsi que la qualité et le potentiel des œuvres de Farias. Il s’agit également d’un hommage à Claude Helffer, qui fut membre du comité d’édition de la nouvelle édition des œuvres de Debussy (Durand-Costallat), en charge des Préludes et des Etudes.

En 2013 Maria-Paz Santibáñez reçoit la récompense « Victor Jara » de l’APACESP, Association de producteurs et agents musicaux de l’état de Sao Paulo du Brésil.

En 2014 la présidente du Chili, Mme. Michelle Bachelet, l’a nommée Attachée Culturelle auprès de l’Ambassade du Chili en France.

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